Culture : Qui a inventé le sling (écharpe courte avec anneaux) et quand ?(et pourquoi)

Une discussion entre monitrices est pour moi l’occasion de vous transmettre l’information suivante :

Par qui, comment et pourquoi a été inventé le sling, cette écharpe courte avec deux anneaux permettant de former un hamac ?

Si le concept du portage est aussi ancien que l’Homme, l’écharpe telle qu’on la connaît (une longue bande de tissu de plusieurs mètres, que l’on enroule autour de soi avant d’y installer bébé) est une invention occidentale récente, contrairement aux meï-taï, podeagi ou autres rebozo.

Mais le sling, cette écharpe courte avec deux anneaux, savez-vous comment et quand il a été inventé ? Découvrez tout sur les origines de ce moyen de portage qui s’avère indispensable une fois qu’on l’a essayé. L’histoire d’un père qui voulait offrir un maximum de contact à sa fille et la porter de façon confortable tout en garantissant la sécurité de l’ensemble.

Tout a commencé en 1980. Le Docteur Rayner Garner, marié à une hawaïenne, Sach, a voulu porter leur fille Fonda lors de leur voyage à Hawaï.

Inspirés par le fameux « concept du continuum » de Jean Liedloof, Rayner Garner et sa femme étaient convaincus de la nécessité et des bienfaits du portage. Ils ont donc commencé à porter leur bébé dans un porte-bébé ventral, mais cela ne leur convenait pas.

Rayner Garner a alors sorti de son armoire un foulard en laine rapporté d’Ecosse, dont il a noué les 4 coins avant de l’enfiler en bandoulière. La petite s’y est blottie et rapidement endormie ! Mais ce n’était pas l’idéal. Le foulard en laine tirait sur l’épaule et les nœuds ne convenaient pas. Il fallait défaire des nœuds très serrés lorsqu’ils se le transféraient sa femme et lui et c’est vite devenu très pénible. Rainer Garner souhait un moyen de portage ergonomique, confortable, ajustable facilement et rapidement pour sa femme comme pour lui (ayant des corpulences très différentes) et où sa femme pourrait allaiter. Leur fille Fonda devrait pouvoir s’y endormir et avoir une certaine liberté de mouvements. Le tissu avait également son importance, car le premier porte-bébé acheté avait provoqué une éruption cutanée à cause de son tissu synthétique !

Autant de critères à réunir dans un porte-bébé.

Rainer Garner a trouvé du batik (le tissu avec lequel on peut aussi porter en pagne), qu’il a replié de façon a à ce que les bouts ne fassent plus que 5 cm de large (contre 72 pour le corps du sling). De cette façon il a réussi à former un hamac, confortable et sécuritaire.

ringsling babywearing portage sling
rayner garner inventeur du sling moyen de portage

Restait à trouver le moyen de régler et ajuster cette poche facilement tout en ayant un confort sur l’épaule. Les anneaux ont été la solution ! La façon dont il avait réussi à plier le tissu au bout lui permettait de passer les pans dans les anneaux pour assurer le maintien de l’ensemble et la formation de la poche.

Les premiers anneaux ont été des anneaux de rideaux en bois, qu’il a renforcés rapidement avec un bout de tuyau de cuivre pour qu’ils ne cassent pas sous le poids.

Il était primordial pour Rainer Garner et son épouse d’être présents tous les deux aux côtés de leur fille pour sa découverte du monde, de pouvoir lui permettre un contact permanent en peau à peau, la rassurer et répondre à ses besoins. Travailler de la maison était donc une évidence tout comme une nécessité.

Une petite entreprise familiale est donc née, les anneaux en nylon (résistance testée de 250 kgs et lavage et séchage en machine possibles) ont remplacé ceux en bois, les tissus se sont diversifiés, dont de magnifiques pièces en soie ou en laine peignée… Le baby sling était né.

Les ventes ont commencé (Rainer Garner ou sa femme partant seuls avec leur fille portée en sling), puis un réseau de mères et grand-mères a été constitué. En effet, ces femmes par leurs propres expériences et leur sagesse pouvaient bien mieux parler de grossesse, de naissance, de maternité, d’allaitement et de soins aux bébés que les jeunes vendeurs des magasins.

L’affaire a été lancée…. Et la petite Fonda lovée dans son sling, épanouie et heureuse, curieuse du monde a toujours été le meilleur argument de vente !

En 1985, un autre docteur célèbre, William Sears, a racheté les droits du baby Sling et poursuivi la commercialisation en diversifiant l’offre, les tissus et les modèles.”

Voilà, vous savez tout ! Et pour apprendre à porter avec, rien ne vaut un atelier de portage, qui vous permettra de comparer différentes matières, asseoir votre bébé correctement, procéder aux serrages adéquats, être à l’écoute de vos sensations, et prendre confiance, si nécessaire !

Bon we

Sophie

Apprendre à porter bébé : une notice ou un atelier de portage ?

Ce week-end en faisant du rangement je suis retombée sur la notice papier de ma toute première écharpe de portage. Une écharpe de qualité, tissée (rien à voir avec une extensible) d’une marque très connue, une écharpe achetée en 2005 quelques mois après la naissance de mon tout premier enfant (jusque là je portais depuis la naissance, mais en porte-bébé de supermarché).

Je resitue le contexte de l’époque :

  • pas de notion de “monitrices de portage” (et encore peu d’écoles de portage de toute façon, lesquelles existaient cette année là ?)
  • pas de vidéos ou tutos sur internet, pas à ma connaissance en tout cas
  • énormément MOINS de fabricants que maintenant
  • même s’il y avait eu plein de (bons) tutos, j’avais pour ma part à l’époque une mini connexion internet avec modem de 56 Ko qui ne me permettait même pas de télécharger une photo dans un mail donc…
  • aucune personne dans mon entourage ne portant, ni amie ni relation ou professionnel(le) : les rares porteuses apprenaient sur le tas et donc….avec une notice
  • pas de blog/site (comme le mien 😉 ni de livre sur le portage (sauf peut-être un d’Ingrid Van den Peereboom ? mais je ne la connaissais pas) expliquant tout ce qu’il y à savoir, les notions de physiologie, de sécurité, les bienfaits, etc etc etc !

J’ai réussi à trouver cette écharpe par le biais d’une grande association de soutien à l’allaitement qui vendait, entre autres produits, cette écharpe de portage.

Je savais depuis longtemps avant la naissance que je voulais porter mon petit  bout et pour la petite histoire j’ai reçu cette écharpe le jour de mon anniversaire <3 . je ne pouvais rêver plus beau cadeau.

(et pour la petite histoire toujours, j’ai porté exclusivement mes deux premiers enfants avec cette écharpe, qui est désormais au fond de mon placard mais dont je ne me débarrasserai jamais)

J’ai donc appris à porter avec cette notice…tant bien que mal…Et plutôt mal. Mais je ne le savais pas !

Comme vous pouvez le voir,

  • les explications sont assez sommaires
  • les nouages parfois approximatifs
  • Il s’agit de dessins
  • il n’est jamais parlé de serrage, de l’importance de celui-ci, les causes et les conséquences..

Résultat, je portais parfois bien (sur le ventre) et parfois mal (sur le dos ). Comme je le dis à mes parents en atelier, “on peut avoir la meilleure écharpe du monde et porter très mal (voire dangereusement)”. C’était mon cas. Mon petit bout porté sur le dos n’était pas soutenu correctement, du coup sa tête tombait en arrière et moi je croyais que c’était normal, ou plutôt qu’il n’y avait rien à faire pour éviter cela et permettre que sa tête repose sur mon dos. Je ne serrais pas assez. Et je ne faisais pas en sorte que mon bébé ait bien le dos arrondi car je ne savais pas qu’il fallait le faire ni comment le faire.

Je portais avec amour, bonheur, fierté et soulagement (je pouvais cuisiner, faire le ménage) mais je ne savais pas que je portais mal.

Car j’avais suivi ce que disait la notice, et qu’il me manquait des notions que je ne pouvais qu’ignorer puisqu’elles n’étaient pas mentionnées.

Certes cette notice a 13 ans, le plus souvent aujourd’hui les notices sont mieux conçues, plus explicatives, détaillées, descriptives, avec des photos, j’ai bien conscience que l’évolution du portage et des infos s’est bien évidemment appliquée aux notices aussi ( 🙂 )

Dans la mienne il y a même une position totalement proscrite de nos jours (et que l’on trouve hélas chez quelques fabricants encore – je ne vais pas les citer- 🙁 car dangereuse : le berceau (en atelier je vous explique pourquoi) (et malheureusement on la trouve encore dans des tutos…..mais bon sang pourquoi toutes ces vidéos n’ont-elles pas été supprimées ? 🙁 )

Néanmoins vous voyez où je veux en venir, non ?

SUIVEZ un atelier de portage !

  • Même s’il y a plein de tutos sur internet, j’ai l’expérience de dizaines de mamans qui ont suivi des vidéos de mauvais enseignement, ou des vidéos dont l’écharpe n’est pas la même que celle qu’elles possèdent (donc ça ne peut pas marcher hein).
  • Même s’il y a plein de tutos, comme on en parlait avec une maman lors de mon dernier atelier, la personne de youtube ne peut pas vous corriger si vous oubliez un détail ou faites un geste de travers
  • Il n’y a pas d’interaction, pas de corrections (pas d’encouragements non plus 😉 )
  • L’apprentissage est encore plus difficile et hasardeux avec une notice (pareil, j’ai plein de retours de parents en ce sens)

Bref, n’attendez pas plus, qu’on vous ait prêté un moyen de portage, que vous l’ayez déjà acheté ou que vous envisagiez de l’acheter, contactez-moi sur

et réservez votre place pour un atelier de portage !

Sachant que chaque début de mois, le calendrier des ateliers du mois est affiché dans une publication facebook (vous me contactez alors pour me dire quel atelier /quel jour vous intéresse)

Certes l’atelier n’est pas gratuit…mais ce n’est pas très cher (30 € pour 2h) et croyez-moi l’investissement vaut largement le coup

Que cela soit en termes :

  • de sécurité (avant tout !!)
  • de confort
  • de plaisir
  • de la possibilité de poser des questions et donc de vérifier
  • de confiance en soi (bien faire, se sentir bon parent)

……cela n’a pas de prix !

Alors, je vous dis à très bientôt ? 😉

Sophie

ps: of course ce petit conseil ne vaut pas que pour les écharpes, mais pour tous les moyens de portage : apprenez avec un.e professionnel(le).